Paris a dévoilé sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, un document attendu depuis plus de deux années. Le texte, issu des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, esquisse les orientations des politiques publiques alimentaires jusqu’en 2030.
Parmi ses axes principaux figure l’encouragement à une modération dans la consommation de viande et de charcuterie, sans toutefois fixer de cible chiffrée contraignante. La stratégie distingue la consommation globale de viande, pour laquelle elle parle de « limitation », de celle de viande importée, où elle préconise une réduction plus nette.
Le document promeut une transition progressive vers des régimes alimentaires alignés sur les recommandations sanitaires nationales, mettant l’accent sur une augmentation de la part des fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes.
L’élaboration de cette feuille de route a donné lieu à des arbitrages sensibles, notamment sur la sémantique entourant la consommation de produits carnés. Le terme « limitation », retenu dans la version finale, a été préféré au mot « réduction » présent dans les premières versions, reflétant des tensions entre les différentes sensibilités gouvernementales.
Des observateurs pointent toutefois un manque d’ambition sur certains leviers d’action. Ils regrettent notamment l’absence d’objectif clair de réduction des aliments ultratransformés et de mesures réglementaires fermes pour encadrer la publicité alimentaire, en particulier celle ciblant les enfants.
Sur le front environnemental, la stratégie entend lutter contre l’écoblanchiment en développant un affichage environnemental encadré pour les produits alimentaires. Elle fixe également un objectif de réduction de moitié du gaspillage alimentaire des ménages d’ici 2030.
Si la publication de ce cadre est saluée par certains acteurs, qui craignaient son abandon, des voix associatives déplorent des renoncements, attribués selon elles à la pression des intérêts sectoriels. Le texte est perçu comme un compromis, posant un diagnostic partagé mais n’imposant pas de changements structurels majeurs dans les habitudes de consommation et de production.