Accueil ActualitésUNE LOI POUR SANCTUARISER LES SOURCES D’EAU POTABLE FACE AUX PESTICIDES

UNE LOI POUR SANCTUARISER LES SOURCES D’EAU POTABLE FACE AUX PESTICIDES

par Thomas Baïetto

Une proposition législative vise à instaurer une interdiction stricte des pesticides de synthèse et des engrais azotés minéraux autour des points de captage d’eau sensibles à l’horizon 2030. Cette initiative, portée par des parlementaires, entend répondre à ce qui est décrit comme un échec des dispositifs antérieurs, jugés trop peu contraignants.

L’objectif est d’établir un cadre réglementaire ferme pour préserver la qualité de la ressource hydrique. Les promoteurs du texte soulignent un paradoxe : les aires d’alimentation des captages, pourtant cruciales, comptent proportionnellement moins d’agriculture biologique que le reste du territoire.

Cette démarche s’appuie sur des expérimentations locales. En Charente-Maritime, par exemple, un plan est en cours pour réhabiliter un captage fermé depuis 2020 suite à une pollution. Le projet prévoit l’interdiction progressive des pesticides sur des centaines d’hectares, accompagnée d’un soutien financier aux exploitants via des paiements pour services environnementaux (PSE).

Ce mécanisme de rémunération, déjà déployé dans certaines régions comme l’Île-de-France, a montré des résultats encourageants, avec une réduction significatoire de l’usage des phytosanitaires et une expansion des surfaces en bio. Les défenseurs du projet de loi plaident pour un réorientation des aides agricoles européennes vers ces dispositifs incitatifs.

Au-delà de l’enjeu sanitaire et environnemental, l’argument économique est central. Le coût du traitement de l’eau pour éliminer les résidus de pesticides et de nitrates pèse lourdement sur la facture des consommateurs, sans garantie d’une amélioration durable de la qualité. La mesure proposée se présente donc comme un moyen de protéger à la fois la santé publique, les écosystèmes et le pouvoir d’achat.

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