Le secteur français du veau de boucherie traverse une période de contraction persistante. Les dernières estimations confirment une tendance à la baisse, avec une production qui a accusé un recul significatif au cours de l’année écoulée et dont la reprise n’est pas pour demain.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la production a chuté de près de 7% sur un an, passant sous la barre des 140 000 tonnes équivalent carcasse. Cette érosion trouve sa source dans un double défi, à la fois structurel et sanitaire.
En amont, la filière se heurte à une problématique de renouvellement des acteurs. Malgré des perspectives économiques jugées correctes, l’installation ou la modernisation des exploitations représente un investissement financier prohibitif pour de nombreux candidats. Le rythme des départs à la retraite ou des cessations d’activité n’est ainsi pas compensé, affaiblissant le tissu productif.
Cette difficulté chronique a été exacerbée par un choc exogène majeur : l’épizootie de fièvre catarrhale ovine, et particulièrement l’émergence de son sérotype 3 dans les régions de l’Ouest. Les conséquences sur les cheptels bovins, via une baisse de la fertilité des vaches et une augmentation de la mortalité chez les jeunes animaux, ont drastiquement réduit le nombre de veaux disponibles pour l’engraissement.
Les perspectives pour l’année à venir, bien que légèrement plus favorables, restent empreintes de prudence. Les analystes anticipent un nouveau recul de la production, estimé autour de 3%, soit un ralentissement du rythme de déclin. L’offre en veaux, principalement issus du laitier et des croisements, devrait continuer à se contracter, mais dans une moindre mesure.
L’incertitude principale réside dans l’impact durable du virus sur le taux de natalité dans les élevages laitiers. L’évolution de la situation sanitaire dans le Grand Ouest sera donc un facteur déterminant pour la stabilisation, à moyen terme, de cette filière sous tension.