La filière bovine française devrait connaître un nouveau recul de sa production en 2026, mais à un rythme nettement plus modéré que celui enregistré l’année précédente. Les dernières projections indiquent une contraction limitée à 0,7%, après une chute de 2,6% en 2025.
Cette tendance atténuée s’explique principalement par une dynamique de renouvellement dans les élevages. Les éleveurs ont en effet conservé un nombre plus important de génisses ces derniers mois. Cette stratégie vise à reconstituer progressivement les troupeaux, fortement impactés par une réduction du cheptel et un contexte sanitaire difficile. La condition sine qua non pour confirmer cette tendance reste une amélioration de la situation épidémiologique au cours de l’année à venir.
Le secteur a en effet dû faire face à la recrudescence de plusieurs virus, dont certains sérotypes de la fièvre catarrhale ovine et la maladie hémorragique épizootique. Ces épizooties, qui ont d’abord frappé les régions d’élevage allaitant avant de s’étendre à l’Ouest, berceau de la production laitière, ont causé des pertes directes par mortalité et ont altéré les performances des animaux, affectant fertilité et croissance.
Cette volonté de renouvellement se traduira par une augmentation anticipée des réformes de vaches et un flux plus important de femelles vers l’abattoir. Par conséquent, la production de viande issue de femelles de races allaitantes pourrait progresser d’environ 1,4% l’an prochain. Cette hausse potentielle reste néanmoins soumise aux arbitrages des éleveurs, qui pourraient privilégier le renforcement de leurs effectifs au détriment des tonnages immédiats.
Du côté laitier, la tendance est différente. Le cheptel a déjà diminué et la propagation virale dans l’Ouest laisse présager une contraction plus marquée d’ici fin 2026. Le nombre de vaches laitières réformées devrait ainsi baisser, tant en effectifs qu’en tonnage, ce dernier indicateur étant partiellement compensé par une augmentation continue du poids des carcasses. À l’inverse, la production de viande de génisses laitières, portée par les animaux croisés, pourrait connaître une forte croissance volumique.
Ainsi, la filière bovine navigue dans un contexte complexe, entre la nécessité de reconstituer son capital animal et la gestion des pressions sanitaires, avec pour résultat attendu un ralentissement du déclin de la production.